Mot à la RTS du 16 juin 2026 + Réponse de la RTS
Concerne: Forum du 12 juin 2026
Madame, Monsieur,
Lors de cette édition de forum, vous avez abordé l’affaire de cette journaliste française, Alice Froussard dont l’entrée en Israel a été refusée.
Vous précisez que l’affaire a déclenché une vive polémique en France et en Suisse. Or monsieur tout le monde n’a rien vu. Il semble que ce soit une affaire entre professionnels du journalisme.
Je suis donc étonné que vous en fassiez une affaire d’ « état ». Mais… j’oubliais ! Il s’agit d’Israel ! Donc, on tape.
Pourquoi, de la part d’un service public suisse, cet acharnement à retenir régulièrement des événement se déroulant dans un pays à 3000 km avec lequel nous n’avons pas de frontières ?
Pourquoi ce traitement récurrent et très critique envers ce pays et si peu (que des généralités) au sujet de régimes vraiment violents comme la Russie, la Syrie de Hassad (avant) et l’actuelle qui persécute les druzes, la Turquie ?
Probablement parce que Israël est un pays démocratique d’où l’information peut sortir librement. Cette qualité n’est pourtant jamais mise en avant par vos journalistes.
Votre invité, lui, l’a fait. Il a précisé que la presse israélienne peut être très critique envers son gouvernement! Et c’est le cas; elle est très libre et probablement plus critique qu’en Suisse !
Dans ce genre de reportage, il n’a bien sûr pas été évoqué le fait qu’Israël est dans la situation particulière d’un pays en guerre contre des groupes armés et des états qui l’entourent et qui la menacent gravement. Elle est donc forcée de veiller à ce que des étrangers ne viennent pas aider à déstabiliser sa cohésion nationale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette dame a beaucoup relayé la parole de palestiniens qui, eux, ne se sont pas faits priés pour saisir cette opportunité et, comme à leur habitude, transformer la vérité.
Avez-vous imaginé ce que ferait une Suisse menacée; elle ferait immédiatement la même chose. Et c’est normal.
On notera aussi la séquence, en toile de fond des propos de l’invité parlant d’arrestation de journalistes. Dans cette séquence, on voit une personne se faire arrêter manu-militari mais qui n’est en aucune façon un journaliste. La méthode est assez tendancieuse…
Et encore les affirmations de l’invité (gobées comme LA vérité) sur le ciblage des journalistes en tant que tels à Gaza. Comme si une armée dépensait son énergie pour éliminer des personnes qui n’ont de toute façon aucune crédibilité.
Ce qui dérange sur RTS La Première, ce n’est pas qu’il y ait une émission ponctuelle relatant les problèmes de cette partie du monde mais c’est la récurrence avec laquelle ce service public diffuse des postures et des propos instillant un rejet d’Israel.
Contrairement aux services publics voisins qui restent la plupart du temps très factuels, « La Première » semble s’être attribué la mission de mener une campagne contre cet Etat situé à 3000 km. Et on ne se l’explique pas vraiment pourquoi…
Je pose à nouveau la question: qui est le moteur de tout ça ? Car il y en a un !
Merci de m’avoir lu encore une fois et meilleures salutations.
Réponse:
Cher Monsieur,
Merci d'avoir pris le temps de nous écrire et de partager votre perception de notre traitement de l'actualité. Nous avons déjà échangé plusieurs courriers et certains se sont perdus. Je vous prie de nous en excuser et je m’empresse donc de vous répondre au plus vite, en parallèle de la procédure AIEP qui nous occupe déjà, vous et moi.
On peut comprendre que le sujet consacré au refus d'entrée en Israël de la journaliste Alice Froussard ait pu susciter des interrogations de votre part. Permettez-moi toutefois d'apporter quelques précisions sur les choix éditoriaux qui ont conduit à son traitement dans Forum.
L'information n'a pas été retenue parce qu'elle concernait Israël, mais parce qu'elle soulevait des questions liées à la liberté de la presse et aux conditions d'exercice du métier de journaliste. Ces enjeux dépassent largement le cadre national et concernent l'ensemble des démocraties. Les réactions suscitées dans les milieux médiatiques et politiques ont constitué un élément d'actualité que nous avons jugé pertinent d'examiner. Et cela justifie l’invitation de Monsieur Denis Masmejen, secrétaire général Reporters sans frontières Suisse.
Vous estimez par ailleurs que notre couverture d'Israël serait plus critique que celle consacrée à d'autres pays. Nous veillons pourtant à traiter l'ensemble des sujets d'actualité selon les mêmes critères journalistiques : importance de l'événement, intérêt public, actualité du moment et possibilité d'apporter un éclairage utile à notre audience. Nos antennes rendent régulièrement compte des situations en Russie, en Syrie, en Turquie, ainsi que dans de nombreux autres pays lorsque les faits le justifient.
Vous relevez également que le contexte sécuritaire auquel Israël est confronté n'aurait pas été suffisamment développé. Le temps radiophonique impose parfois des choix et des angles spécifiques. Cela ne signifie pas que les autres dimensions du sujet soient ignorées ou minimisées. Nos différentes émissions et plateformes permettent d'aborder ces questions sous des perspectives variées.
Enfin, je tiens à vous assurer qu'aucune campagne, ni aucune intention militante, ne guide notre travail. Les journalistes de la RTS exercent leur métier de manière indépendante, dans le respect des règles déontologiques et avec le souci constant de présenter des faits vérifiés, d'entendre les différents points de vue et de permettre au public de se forger sa propre opinion.
Je vous remercie une nouvelle fois pour votre message et pour l'attention que vous portez à nos programmes.
Avec mes meilleures salutations.
Xavier Alonso