Le 12:45 du samedi 28.12.24
Introduction « putaclic »: « l’armée israélienne cible un hôpital ». Lors du développement, on indique que la frappe est tombée à proximité. S’ensuit quelques images de victimes forcément validées par l’énigmatique « Ministère de la santé du hamas » (qui est le ministre ? Et comment une bande de terroristes peut-il avoir un ministère (ce d’autant plus qu’il est complètement démembré !) ?
Quelle est l’intention de cette forme de présentation ? Si ce n’est de faire passer les israéliens pour un peuple « buveur de sang ».
Et évidemment aucun mot au sujet des otages qui croupissent dans les tunnels mal aérés !
Une description des faits qui a mis 3 jours à sortir est la suivante: l’armée israélienne avait transféré, avant l’opération (une traque de terroristes et pas un bombardement) vers l’hôpital indonésien, en collaboration avec les responsables locaux, les patients et le personnel médical.
Durant la période précédant l’opération, Israël avait même alimenté l’établissement avec de la nourriture, des fournitures médicales et du carburant malgré la présence du hamas dans le bâtiment. Cette occupation par des combattants ayant, il faut le répéter et selon les lois de la guerre, la conséquence de désacraliser l’établissement.
Quand au directeur de l’hôpital, il serait connu comme membre actif du hamas (à sa décharge, s’il veut pratiquer son métier, il doit coopérer avec eux et donc laisser les terroristes occuper l’hôpital).
Et les hommes à torse nu (vous n’en parlez pas mais la presse francophone ne s’est pas gênée), encadrés par des soldats israéliens, ce ne sont pas des patients mais bien des terroristes déshabillés pour la vérification de l’absence d’armes.
Je ne peux vous apporter aucune preuve de mes propos dans ce court message, mais vous non plus ne pouvez fournir les preuves de votre reportage (et ce ne sont pas les témoignages de gazaouis - journalistes sur place qui en seraient car, là-bas, on ne sauve sa vie qu’en répétant la parole du hamas).
La différence entre vous et moi, c’ est la hauteur de votre responsabilité qui est infiniment supérieure à la mienne.
Merci d’être plus prudents dorénavant avec ces sujets clivants diffusés à votre antenne très suivie du Service public.
Merci de prendre un peu de recul avant de diffuser est donc de ne pas faire comme les réseaux sociaux auxquels vous aimez vous opposer en avançant votre travail de journaliste qui est, c’est vrai, très important, pour conserver la qualité de l’information.
Je vous souhaite une excellente année 2025.
Réponse de M. Antoine Silacci du 16.1.25
Cher Monsieur Rapin,
Je vous remercie pour votre courrier qui a retenu toute notre attention et vous prie de m’excuser pour cette réponse tardive. Le début d’année est un peu chargé en termes d’actualité et je n’ai malheureusement pu prendre le temps de vous répondre qu’aujourd’hui.
Tout d’abord, je tiens à souligner la justesse de vos propos quant à la responsabilité du travail d’information qui est la nôtre d’autant plus sur ce sujet qui est, comme vous le dites, extrêmement clivant. Je ne peux que vous assurer que nous faisons tout notre possible pour relayer les informations sur ce conflit au quotidien de la manière la plus juste, malgré les nombreuses difficultés auxquelles nous sommes confrontés, comme l’accès aux sources de terrain, le « brouillard de guerre », etc.
Pour en venir à vos interrogations, je tiens fermement à vous assurer qu’à aucun moment, ni d’aucune manière nous ne souhaitons « faire passer les Israéliens pour un peuple buveur de sang ». Durant toute la couverture de cette guerre, nous avons donné la parole aux Israéliens, comme aux Palestiniens, par de très nombreux reportages ou invités pour expliquer leurs positions, leurs revendications, leurs émotions, etc. La question des otages a été traitée à de nombreuses reprises, notamment par l’invitation sur notre plateau d’une ancienne otage et de plusieurs reportages leur donnant la parole à eux ou leurs proches.
Dans le cas précis de l’actualité du 28 décembre passé, l’armée israélienne a annoncé elle-même avoir ciblé l’hôpital par des raids terrestres et aériens, la frappe aérienne tombée à proximité qui est évoquée dans le sujet est donc un des événements de ce raid. De plus, nous précisons clairement dans le sujet que les autorités israéliennes déclarent cibler des cellules du hamas et d’autres organisations terroristes.
En ce qui concerne la mention du « ministère de la santé du hamas », il est très important justement de stipuler d’où viennent les informations, la mention de la source (quelle qu’elle soit) est en soi une information dont le public doit avoir connaissance.
En espérant avoir répondu à vos questions, je vous remercie encore pour votre interpellation et votre appel à la prudence tout à fait justifiés.
Je vous souhaite, cher Monsieur Rapin, mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, et vous prie d’agréer mes meilleures salutations.