Madame, Monsieur,
Je vous remercie d’accueillir mes remarques concernant le 19h30 du mardi 29 juillet 2025.
Je les intitule: « Festival de propos à tendance anti-israélienne sur mon Service public ».
J’ai l’habitude de critiquer les positions anti-israélienne de la RTS, mais là, je ne sais pas par où commencer. Ce journal télévisé a proposé aux téléspectateurs tellement de propos non vérifiés sans se plier à la règle déontologique qui consiste à proposer un contradicteur, surtout après des attaques extrêmement graves (de la part de Mme Richoufftz) envers un état démocratique.
Pour commencer, il faut être clair: personne ne prétend que la situation des gazaouis est confortable. C’est le cas de M. Starmer et de M. Trump qui ne peuvent que déplorer la misère régnant à Gaza. Reste à en désigner les responsables et le choix des moyens pour tout arrêter. Et là, les divergences avec les intervenants de la RTS sont probablement énormes.
Entrée en matière: on nous parle d’un rapport rédigé par des ONG, des institutions régionales et d’agences de l’ONU mais au fond, on ne sait, comme habitude, pas vraiment à qui on a affaire. Tout cela est très nébuleux.
Toutes ces institutions emploient, pour des raisons évidentes, du personnel gazaoui et celui-ci est complètement influencé ou contrôlé par le hamas.
On a appris récemment que même les agences de presse (AFP en tête) se sont plaintes de ne pas avoir accès au territoire et se fournissaient donc en informations auprès des locaux.
Ces « organisations » parlent d’un scénario de famine comparable à l’Éthiopie et au Biafra au siècle passé parce que 16 enfants (selon le hamas probablement) seraient morts de sous-alimentation ces 10 derniers jours.
De qui se moque-t-on ? Dans les deux cas de famine cités plus haut, on était dans un ordre de grandeur du million de mort. Et j’ajouterai que, dans ces deux cas, les forces militaires respectives n’ont jamais livré d’aide comme le font les israéliens (ou si ce n’est pas eux, c’est avec leur accord).
On sent bien la manipulation des rédacteurs…
Entre en scène ensuite une jeune femme, coordinatrice pour MSF. On ne parle pas de son degré de responsabilité dans l’organisation mais la RTS semble lui accorder un crédit énorme puisque, malgré ses attaques extrêmement graves, aucun contradicteur n’a été prévu.
Cela donne la possibilité à cette dame de déballer la réthorique habituelle et mensongère des soutiens du hamas (génocide, épuration ethnique, tirs sur la population, rétention de l’aide, destruction des hôpitaux, etc.). Elle se permet même d’admettre qu’elle n’était pas sur les lieux de distribution GHF mais n’hésite pas à confirmer les tirs de Tsahal car «on lui a dit… » que 1000 personnes avaient été froidement abattues près des lieux de distribution.
Et la RTS se fait la complice de ces mensonges issus directement d’un groupe terroriste… Elle en rajoute même en diffusant, en appui, les mêmes images, déjà vues, issues de « tournages » par le hamas.
De la part de notre service public, laisser passer de si graves attaques (et je pèse mes mots) sans organiser l’intervention d’un contradicteur est un vrai scandale.
Et les contradicteurs existent. Par exemple, par l’intermédiaire de son ambassade française, Israël a clairement démenti les tirs de ses soldats (NDA: jeunes conscrits éduqués et pas type mercenaires Wagner comme ils sont présentés par Mme Richoufftz) sur des civils et a impliqué le hamas lui-même qui cherche à déstabiliser la distribution GHF qui lui a fait perdre la main sur la population et aussi l’enrôlement.
La RTS nous présente (et c’est un autre aspect du scandale de ce 19h30), la situation à Gaza sans jamais parler de l’autre partie prenante de cet affrontement, le hamas.
A écouter le reportage, il n’y aurait qu’une armée faisant la guerre à des civils !
Et pourtant, le hamas détient des otages, et, par son opposition systématique à des accords, provoque la misère des ses soit-disant protégés.
La RTS omet aussi de rappeler (et c’est fondamental dans la situation conflictuelle) que le but premier du hamas, qui figure d’ailleurs dans ses textes fondateurs, est de nettoyer le Moyen-Orient du peuple judéo-israélien (« Du fleuve à la mer » !!).
Elle ne fait pas non plus allusion au fait que Israël a le droit de se défendre contre ces terroristes islamistes sanguinaires, prêts à reproduire les horreurs 7.10.23.
L’Iran (qui a le même projet que le hamas) saisira d’ailleurs la moindre occasion pour lui livrer les tonnes d’armes nécessaires.
Vous aurez remarqué, Madame, Monsieur, mon usage des termes scandale et manipulation. Veuillez m’en excuser mais ils sont le reflet de ce que peut ressentir un observateur attentif de la situation au Moyen-Orient quand cela vient du TJ de son service public.
Quand on invite, sans contradicteur (ou si brièvement avec le ministre Saar), ce genre de représentante, on contribue, non seulement à la haine contre Israël mais aussi, et surtout pour une certaine catégorie d’opposants, à celle contre l’Occident civilisé.
Veuillez recevoir mes meilleures salutations
Réponse du rédacteur en chef, M. Volet
Cher Monsieur Rapin,
Je vous remercie pour vos remarques. J’ai en pris connaissance avec la plus grande attention. Je ne prétendrai pas que notre travail ne souffre d’aucune imperfection. Il est bien sûr critiquable et chacune des réactions que nous recevons nous pousse à nous remettre en question. Mais de là y voir de la manipulation de notre part, c’est nous faire un procès d’intention que je ne peux accepter.
Le gouvernement israélien empêche la presse d’accéder à la bande de Gaza. C’est pour cette raison que les témoignages de personnes qui ont pu s’y rendre sont importants et que nous avons mené cet entretien avec Mme de Richoufftz, comme nous l’avons fait avec d’autres humanitaires. J’admets volontiers que certains éléments auraient dû faire l’objet d’une contradiction, nous l’avons relevé au moment du débriefing. Par contradiction, j’entends une question de relance critique et une mise en perspective de notre part. L’urgence sanitaire et alimentaire dans la bande de Gaza n’en demeure pas moins un fait avéré, tout comme il est incontestable qu’elle a pour cause première le blocus imposé par le gouvernement israélien. Le dire ne signifie pas pour autant que le Hamas ne porte aucune responsabilité.
Par ailleurs, notre couverture ne se limite pas à cette seule séquence. Le Hamas, les otages qu’il détient et sa responsabilité dans l’échec des négociations faisaient par exemple l’objet d’un traitement dans notre journal de dimanche dernier (https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:6beed2bb-3272-3ac5-8355-9d81f4d4f1a1 / https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:ac86807f-256a-347e-bc9c-2fc7d2e1efed)
J’ai par ailleurs insisté dès le 7 octobre pour que le Hamas soit désigné comme un groupe terroriste dans nos émissions, car il n’y a pas d’autre manière de qualifier l’attaque menée en Israël et la prise d’otages qui se poursuit. Toutes les rédactions n’ont pas suivi cette voie et nous avons été beaucoup critiqués pour cela. (C’est sans doute l’un des déclencheurs des manifestations pro-palestiniennes dénonçant la « RTS complice » devant nos locaux.) Mais peu importe, car ne pas parler de terrorisme serait revenu à nier la réalité des faits. C’est dans cet état d’esprit que nous nous efforçons de couvrir la situation au Proche-Orient depuis près de deux ans.
Je vous remercie de votre attention et prie vous d’agréer, cher Monsieur Rapin, mes salutations les meilleures.
Pierre-Olivier Volet
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Pierre-Olivier Volet Rédacteur en chef Actualité TV |
Mon retour à M. Volet
Monsieur Volet,
Je vous remercie infiniment d’avoir consacré un peu de votre précieux temps pour me répondre.
Veuillez m’excuser encore une fois pour mon utilisation des termes « scandale » et « manipulation ». Probablement mon agressivité vous fait-elle « payer » pour beaucoup de médias romands (mais vous êtes le Service public …) qui pendant près de 2 ans n’ont pas arrêté de nous diffuser des articles avec la mention AFP.
Or, on a appris récemment que cette agence, comme les autres, n’est jamais entrée à Gaza. Vous le confirmez d’ailleurs dans votre réponse.
On en déduit que toutes les informations, très souvent anti-israéliennes, nous proviennent d’humanitaires sur place, dévoués et émotionnellement touchés, mais qui ne peuvent pas être partout et qui doivent assurer leur sécurité.
La réflexion de Mme Richoufftz « on m’a dit … » en dit long…
Ces humanitaires et les agences de presse sont donc très certainement renseignés par des locaux (affaire Süddeutsche Zeitung/photographe Anas Zayed Fteiha) qui, vous serez d’accord avec moi, risquent leur intégrité physique s’ils ne retransmettent pas la parole du hamas.
Suite à l’affaire citée plus haut, il semble que l’AFP ne collabore plus avec M. Anas Zayed Fteiha.
Pour les raisons évoquées, je me sens quelque peu trompé.
J’ai aussi constaté et apprécié votre voeu d’équilibrer l’information. Je vous en remercie.
Veuillez recevoir, Monsieur Volet, mes meilleures salutations.